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Comment promouvoir une agriculture durable ?

Le Burkina Faso fait face actuellement à une pénurie alimentaire qui a conduit le gouvernement a lancé un appel à la solidarité nationale et internationale. Cette situation montre, une fois de plus, la nécessité d’investir davantage dans l’agriculture pour une production durable à même d’assurer une sécurité alimentaire aux générations actuelles et futures. C’est pourquoi le pays a entrepris, depuis quelques années, des actions parmi lesquelles on peut citer : le développement des cultures pluviales et de contre-saison à travers la promotion de la petite irrigation villageoise ainsi que l’aménagement et la valorisation des bas-fonds. Cependant, on note la persistance de certaines pratiques dont la finalité est l’augmentation de la production. Il s’agit de l’extension des superficies cultivées et de l’utilisation accrue des engrais chimiques et pesticides. Quoique importantes pour une croissance économique, ces pratiques n’intègrent pas toujours l’esprit de durabilité. Le souci d’autosuffisance alimentaire et de croissance économique conduit à des pratiques néfastes avec une forte pression sur les ressources naturelles. Il s’agit de la pratique de l’agriculture extensive entraînant l’occupation anarchique des terres et des écosystèmes, l’utilisation accrue des engrais chimiques et des pesticides, la mauvaise gestion de l’eau (consommation accrue et gaspillage de l’eau), l’occupation des zones humides, et des forêts classées. Pourtant, l’on peut bien produire massivement tout en respectant l’environnement et assurer une sécurité alimentaire aux populations. Il suffit, pour cela, de ne pas chercher souvent très loin et d’utiliser des techniques naturelles et locales, mais très efficaces. Par exemple, en matière de conservation des eaux et des sols, on peut citer les cordons pierreux, ou alignement de pierres autour ou à travers le champ suivant les courbes de niveau, la haie vive, qui consiste à planter des arbustes autour du champ afin de maintenir sur place les résidus des récoltes ainsi que le reboisement sur les pentes du terrain pour freiner le ruissellement de l’eau. En ce qui concerne les techniques et pratiques culturales de conservation, il y a la rotation ou la succession des cultures sur la même surface dans le temps, l’association des cultures, le Zaï, qui consiste à creuser tous les 80 à 100 cm des trous de 20 à 40 cm de diamètre et de 10 à 15 cm de profondeur, dans lesquels on met de la fumure organique, pour y déposer plus tard les graines de semence. Les trous permettent ainsi de retenir l’eau de ruissellement. A cela, il faut ajouter le scarifiage qui consiste à gratter le sol de façon superficielle avec un instrument à dents, manuellement ou avec une traction animale ou motorisée, en vue d’ameublir les dix premiers centimètres du sol, le buttage et le billonnage qui consistent à confectionner des buttes et des billons à la main, à la charrue ou par un tracteur. Au niveau de la fertilisation des sols, l’on peut utiliser la fumure organique, ou épandage d’excréments d’animaux dans le champ et le paillage ou épandage d’herbe dans le champ qui consiste à recouvrir le sol d’une couche de 2 centimètres d’herbes équivalent à 3 à 6t/ha ou de branchage ou encore de résidus culturaux de façon à stimuler l’activité des termites. Il en résulte un ameublissement du sol et une augmentation de sa porosité. Toutes ces techniques peuvent contribuer à préserver les ressources naturelles et aider les populations à s’épanouir sur le plan socio-économique, d’autant plus que les modes de consommation et de production non durables sont l’une des causes premières du changement climatique.

 

Raphaël KAFANDO



26/05/2012
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