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Croissance démographique au Burkina : un péril pour l’environnement !

                     Des manifestations pour revendiquer des parcelles par-ci, des conflits entre autochtones et allogènes pour des questions de terres agricoles par-là, on a l’impression que les 274 222 km2 ne suffisent plus aux 14 017 262 Burkinabè dénombrés par le dernier Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) de 2006. Avec un taux d’accroissement démographique annuel moyen de 3%, cette situation pourrait même s’aggraver dans les années à venir. En effet, à cette allure, les projections de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) annoncent d’ici à 2020, près de 21 510 181 d’habitants au « Pays des hommes intègres ».

Cela suppose plus d’hommes à nourrir et à loger, au détriment, une fois de plus, de l’environnement. La pression démographique dans certaines zones, risque de pousser les populations initialement installées dans des endroits moins bien dotées de ressources naturelles, à rechercher de nouvelles terres cultivables.

Ce qui va engendrer à la longue, une dégradation du couvert végétal et par conséquent, la désertification. Cette situation, si on n’y prend garde, sera aggravée par les conditions climatiques, la baisse progressive de la fertilité des sols et leur érosion accélérée, ainsi que la dégradation de la diversité biologique et du cadre de vie. Selon le document de la politique nationale de la population du Burkina par exemple, la régression des ressources forestières est de l’ordre de 150 000 ha par an, depuis 1980. En 1992, la superficie totale des formations forestières naturelles était estimée à 14,16 millions d’hectares contre 15,42 millions d’hectares en 1980.

De ce fait, il ne fait plus de doute que si la population continue d’augmenter au rythme actuel, les terres cultivables deviendront, à défaut d’un apport technologique adéquat, de plus en plus rares, les familles de plus en plus pauvres, les mouvements migratoires de plus en plus accentués. Le Burkina Faso connaît d’autres problèmes environnementaux, tels que ceux dus à une urbanisation rapide, et à un accroissement du parc automobile, constitué essentiellement de vieilles voitures d’occasion très polluants.

Les gaz à effet de serre qu’ils dégagent, constituent également un danger pour la santé humaine et contribuent au réchauffement climatique. C’est pourquoi les différentes actions menées ces dernières années, par le gouvernement burkinabè pour maîtriser la population, à travers, entre autres, l’élaboration de la politique nationale de la population et les différentes campagnes de sensibilisation, sont à encourager et même à intensifier.

Aussi, pour retrouver un équilibre entre les hommes et l’espace qu’ils occupent, il convient de mieux responsabiliser les communautés à la préservation et à une bonne gestion des ressources naturelles. Quoiqu’on dise, il est temps de trouver une solution à la question de la démographie galopante au Burkina Faso. C’est une question de survie nationale.

 

Raphaël KAFANDO



25/06/2012
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