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La dette environnementale de l’or !

 

 

Dans son discours à la nation le jeudi 12 avril 2012,  le premier ministre Luc Adolphe Tiao a indiqué que les six (6) mines d’or en activité au Burkina ont porté la production industrielle d’or à 32,60 tonnes en 2011, contre 23,08 tonnes en 2010, soit une augmentation de 41%. Il a fait savoir que la production attendue en 2012 pourrait atteindre 42 tonnes. « C’est environ, 127,43 milliards de francs CFA qui  ont été reversés au  budget de l’Etat au titre des recettes minières en 2011. 4 556 emplois permanents ont été dénombrés au sein des six (6) mines industrielles, dont 93% de ces emplois occupés par des nationaux », a-t-il relevé. Ces assertions montrent à quel point l’or occupe de plus en plus une place centrale dans l’économie burkinabè. Cela dit, l’exploitation du métal précieux n’est pas sans conséquences sur notre environnement. Malgré le fait que les sociétés minières soient soumises à des cahiers de charges, ils ne sont malheureusement pas toujours respectés. L’on se rappelle encore  de ce camion qui transportait 40 tonnes de cyanure à destination de la mine d’or d’Inata et qui s’est renversé dans le barrage de Djibo, au Burkina en fin juillet. Opérant loin des regards, les grandes entreprises minières communiquent souvent très peu sur l’impact de leur activité sur l’environnement et sur les mesures qu’ils prennent pour réhabiliter la nature. Pourtant ce sont souvent des milliers d’hectares de forêts qui sont détruits pour implanter ces entreprises. Par ricochet, la région perd souvent  de nombreuses terres agricoles du à la pollution des sols. Certains diront qu’ils dédommagent les populations locales et contribuent aux activités agricoles par la fourniture d’intrants agricoles. Mais, au regard des impacts environnementaux, il faut dire que cela parait pratiquement insignifiant. Dans les mines industrielles, l’exploitation de l’or tend à augmenter fortement la turbidité des cours d’eau et à dégrader leur environnement immédiat (berges et rives, construction de barrages, etc.). Dans les mines artisanales les mineurs utilisent encore majoritairement le mercure. Les autorités en charge des mines ont beau, avec le concours de certaines sociétés, interpeller et sensibiliser, sur le terrain, des orpailleurs traditionnels continuent de les utiliser à ciel ouvert, faisant de nombreuses victimes silencieuses. Il faut donc renforcer l’application du code minier et des lois de protection de l’environnement. Une politique spécifique doit être prévue afin d’assurer la remise en état après exploitation. Cette tâche revient aux exploitants dans le secteur industriel mais l’Etat doit contrôler  sa mise en œuvre régulière. Dans le cas des mines artisanales, il est nécessaire de prévoir un mécanisme alternatif de financement alimenté par une contribution régulière des exploitants. Mais avant, il faudra surement faire le point exact sur les conséquences de l’exploitation minière à travers des études poussées dans le domaine. Peut-être que la vaste étude dont s’est engagé Luc Adolphe Tiao lors de son discours à la nation afin de cerner l’impact socio-économique et environnemental des mines  aidera à réaliser des ajustements et des assainissements nécessaires pour garder un minimum de ressources naturelles pour les générations futures. Sinon, l’espoir suscité par le métal jaune se transformera en cauchemars dans les années à venir

 

Raphaël KAFANDO

 



22/05/2012
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