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Le développement durable Un concept d’actualité et à polémique, mais un salut pour l’humanité

A la veille du Sommet mondial sur le développement durable appelé Rio + 20 qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012 à Rio de Janeiro au Brésil, le Secrétariat permanent du Conseil national de l’environnement et de développement durable (SP/CONEDD), voudrait donner des éléments d’information sur la plus grande rencontre mondiale de l’année 2012.

Le concept de développement durable et ses fondements

Le mot développement durable est apparu depuis les années 80, mais son admission dans la conscience collective et individuelle se fera un 1987, consacré par le Sommet mondial de l’environnement de 1992 à Rio de Janeiro.
Les Conférences mondiales sur l’environnement sont instituées depuis 1972 par les Nations unies pour se tenir tous les dix ans (voir encadré) et depuis le Sommet de Rio (1992) et de Johannesburg (2002), la question du développement durable est à l’ordre du jour des préoccupations de toute l’humanité. C’est dans cette optique que la prochaine conférence dénommée Rio + 20, se tiendra à Rio de Janeiro au Brésil du 20 au 22 juin 2012, pour faire le bilan de vingt années d’activités de développement durable depuis 1992.
En effet, partout dans les régions du monde, le constat est le même, des situations écologiques et environnementales rarement vécues, preuve que notre développement économique s’est accompagné et s’accompagne encore d’effets inattendus, sinon pervers. Malheureusement pour la majorité des régions de la planète, les populations vivent plus des conséquences négatives du développemènt des autres et attendent toujours et indéfiniment leur propre développement.
La situation ainsi présentée pose des questions d’aujourd’hui mais surtout de demain en termes de leg d’une "Terre saine" à nos enfants notamment :

- comment concilier progrès économique et social sans mettre en péril l’équilibre naturel de la planète ?

- comment répartir les richesses entre les pays riches et ceux moins développés ?

- comment donner un peu de richesses à ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants encore démunis à l’heure où la planète semble déjà asphyxiée par le prélèvement effréné de ses ressources naturelles ?
C’est dans la recherche de réponses adéquates à ces préoccupations qu’est né le concept de développement durable. Un concept que l’on résume par : "un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs".
Il se présente comme une vision multidimensionnelle cohérente de l’articulation et de la synergie de trois préoccupations dites encore piliers du développement durable : l’efficacité économique (1), la viabilité environnementale (2) et l’équité sociale (3). De nos jours se discute une autre dimension qui est la dimension culturelle.
L’aboutissement du développement durable dépendra de la conjugaison des efforts des différents acteurs ou parties prenantes : les entreprises, les pouvoirs publics et la société civile devront travailler main, dans la main afin de rapprocher trois univers qui se sont longtemps ignorés : l’économie, l’environnement et le social. A long terme, il n’y aura pas de développement possible s’il n’est pas économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable.

2012 : Rio + 20 ou bilan du développement durable

Dans le respect de sa logique des rencontres décennales, l’Assemblée générale des Nations unies (in GA 64/236) a convoqué la prochaine conférence des Nations unies sur le développement durable (CNUDD) pour 2012. Les objectifs spécifiques de la Conférence sont d’assurer un engagement politique pour le développement durable, évaluer les progrès réalisés et les gaps qui demeurent dans la mise en reuvre du Développement durable et prendre en charge les nouveaux défis. Les thèmes de la CNUDD sont (a) une économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté et (b) le cadre institutionnel du développement durable.
Comme on peut bien le rappeler, les sommets de la Terre sont des rencontres décennales entre dirigeants mondiaux organisées depuis 1972 par l’ONU, avec pour but de définir les moyens de stimuler le développement durable au niveau mondial.
Preuve du développement d’une culture mondiale de respect de l’environnement, les sommets de la Terre présentent un enjeu symbolique important. Ils visent à démontrer la capacité collective à gérer les problèmes planétaires et affirment la nécessité d’une croissance écologique. Ainsi, le sommet de 1972 a donné naissance au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), tandis que le sommet de 1992 a adopté trois (3) conventions importantes appelées conventions de la génération de Rio ; Il s’agit de :
(i) la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ;
(ii) la Convention cadre des Nations unies de lutte contre la désertification et ;
(iii) la Convention’ sur la Diversité biologique.
Précisons que le Burkina Faso a signé et ratifié ces trois conventions et bénéficie de ce fait de l’accompagnement de la communauté internationale.

Le bilan du développement durable du Burkina

Le Burkina Faso, conformément aux instructions des Nations unies à chaque Etat membre, d’élaborer le bilan de son développement durable, s’est engagé dans le processus.
Ainsi, la conduite de l’exercice s’est traduite par une consultation nationale marquée par la mise en place d’un comité national préparatoire de Rio+20, une réunion de concertation entre les partenaires techniques et financiers, la tenue des Etats généraux de l’environnement et du Développement durable (EGEDD) pour donner un caractère inclusif au processus. A cela se sont ajoutées des consultations régionales à l’effet de prendre en compte les préoccupations et les besoins et recommandations des acteurs à la base, tout en raffermissant la décentralisation et la tenue d’un atelier national de validation du rapport.
Le Burkina Faso, depuis plus d’une décennie, s’est engagé en faveur du développement durable. Il s’est investi dans la mise en reuvre des conventions émanant des Sommets de Rio de Janeiro et de Johannesburg et a pris en compte les préoccupations environnementales et de Développement durable dans ses politiques et stratégies nationales de développement. L’engagement politique fort s’est matérialisé par l’adoption en 2010 de la Stratégie de croissance accélérée et de développement Durable (SCADD) ayant pour assise la lutte contre la pauvreté et l’accélération de la croissance.
Si des avancées notables sont observées au niveau des différents piliers du Développement durable, des iniquités ont émaillé ces tendances.
Malgré les nombreux acquis, les résultats obtenus en matière de développement durable restent mitigés.
Outre l’insuffisance de financement, l’engagement du Burkina Faso en faveur du développement durable reste confronté à des contraintes structurelles, parmi lesquelles, la faible maîtrise de la démographie, la pauvreté persistante, la non maîtrise de l’urbanisation, la faible résilience de l’économie nationale face aux effets des changements climatiques.
On observe jusqu’à l’adoption de la SCADD en 2010, la faible prise en compte du pilier environnement dans la planification nationale. La non adoption des indicateurs de Développement durable limite également l’évaluation objective des programmes sectoriels.
C’est en cela qu’il faut saluer l’initiative d’élaboration d’une Politique nationale de Développement durable (PNDD) et d’un Programme national d’investissement pour l’environnement et du Développement durable (PNIEDD). Ces exercices offrent au Burkina Faso une opportunité importante pour prendre en compte les résultats de la conférence de Rio +20.
Le rapport national, disponible seulement depuis mai 2012, est un document de référence au Burkina Faso qui retrace le parcours du pays en matière de Développement durable et fait surtout des recommandations dans ce sens au profit des générations présentes et futures.

La participation et la position du Burkina Faso à Rio + 20

Présent en 1992 par une délégation remarquable conduite par son Excellence le président du Faso, qui y était au nom du Burkina Faso et de ses pairs du CILSS, le Burkina Faso sera également présent à Rio + 20 avec une trentaine d’experts venant des secteurs public et privé et de la société civile. Elle sera conduite par le ministre de l’environnement et du développement durable.
Quant à la position du Burkina Faso, elle est celle du groupe des 77 et la Chine en général et de l’Union africaine en particulier à savoir :
a) le soutien aux efforts qui visent à réformer le Conseil économique et social de l’ONU et la Commission du développement durable pour renforcer leurs capacités d’aider les pays à parvenir au développement durable. Il est important d’accroître les synergies, la cohérence et la coordination au sein du système des Nations unies et entre ce système et les institutions financières internationales, de même qu’entre les conventions de Rio au regard de leurs mandats respectifs, afin d’appuyer les pays en développement pour qu’ils parviennent au développement durable au niveau national ;
b) la demande aux institutions internationales et régionales de promouvoir l’élaboration et l’application de cadres d’indicateurs du développement durable ;
c) la réaffirmation du rôle de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) en ce qui concerne la promotion de l’intégration équilibrée des trois piliers du Développement durable dans la région et l’appel à la Commission de l’Union africaine, à l’Autorité de planification et de coordination du NEPAD ;
d) le renforcement, la consolidation et la transformation du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en institution internationale spécialisée pour l’environnement, basée à Nairobi (Kenya) ;
e) le renforcement du rôle des institutions des Nations unies dans la promotion des innovations,
du transfert des technologies appropriées et des espaces d’échanges qui connectent tous les intervenants intéressés au partage de la connaissance et de l’expérience.

Quelques dates et actes marquants du développement durable

- Dès 1951, l’UICN (Union internationale pour la Conservation de la nature) publie le premier Rapport sur l’état de l’environnement dans le monde, rapport précurseur dans sa recherche de réconciliation entre économie et écologie ;

- 1972 : à Stockholm : pour la première fois, les Nations unies se réunissent pour évoquer l’impact environnemental de la forte industrialisation des pays développés sur l’équilibre planétaire. Cette conférence aboutit à la création du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la seule institution des Nations unies en Afrique

- 1982, une deuxième rencontre tenue à Nairobi au Kenya et dont on parle peu parce que boycottée par les Etats unies ;

- 1987 : le terme "Développement durable" apparaît de manière officielle, dans le rapport "Our common future" de la Commission du développement durable présidée par Madame Gro Harlem Brundtland. La fracture économique et sociale entre les pays développés et le Tiers monde est montrée du doigt et s’ajoute aux préoccupations exclusivement environnementales des Nations unies.

- En 1989, le Rapport Brundtland a été débattu lors d’une assemblée générale des Nations unies, ce qui a engendré l’organisation d’une conférence sur les thèmes d’environnement et de développement, reposant sur le concept de développement durable.
Le rapport Brundtland a ouvert le chemin de Rio, qui a accueilli le Sommet de la Terre en 1992.

- 1992 : "Sommet de la Terre" à Rio de Janeiro
Pour la première fois, se réunissent des instances nationales (164 nations et plus de 100 chefs d’Etat !) sur ce thème du Développement durable. Chaque pays rédige un Agenda 21 (ou comment améliorer l’équilibre de la planète dans les 10 ans qui viennent, pour que le 21e siècle soit le siècle du Développement durable).

- 2002 à Johannesburg 2002
Tenu en 2002 à Johannesburg (Afrique du Sud) sous l’égide des Nations unies et axé sur le
développement durable, ce sommet a été officiellement appelé "Sommet mondial sur le développement durable" (SMDD).

SP/CONEDD
01 BP. 6486 Ouagadougou 01
Tél : 50 31 31 66 / 50 31 24 64
E-mail : spconedd@fasonet.bf



11/06/2012
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