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Le génocide des éléphants continue…

Selon un récent rapport du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), les saisies d’ivoire braconné ont atteint 23 tonnes en 2011. Ce qui correspond au meurtre de 23 000 éléphants. Ces 23 tonnes ne représentent que 10 à 15% du trafic total réel estimé. 104 éléphants sont encore abattus pour leurs défenses, chaque jour. Rien qu’au début de l’année 2012, au moins deux cents éléphants ont été abattus, soit plus du tiers de la population du parc national de Bouba Ndjida, au Nord-Est du Cameroun. Au Burkina, le ministre en charge de l’Environnement estimait à plus d’une trentaine d’éléphants abattus en 2011. Ces chiffres donnent le tournis, quand on sait que l’éléphant fait partie des espèces intégralement protégés par l’IFAW. Selon le même rapport, la faute revient entièrement à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) qui, en 2008, a donné son feu vert à la vente légale des stocks d’ivoire de quatre pays d’Afrique australe à destination de la Chine et du Japon. De plus, le prix de gros du kilogramme d’ivoire en yuans chinois (RMB) a triplé, passant de 4 500 à 15 000 yuans entre 2006 et 2011, avec une appréciation concomitante du RMB face au dollar américain.
En outre, le renforcement de la monnaie chinoise augmente le pouvoir d’achat des acheteurs de ce pays, qui convertissent leurs RMB en dollars américains lors de leurs achats sur les marchés étrangers d’où provient l’ivoire. Aussi, si l’on ajoute à cela la facilité avec laquelle l’ivoire de contrebande s’immisce sur le marché légal, rien d’étonnant que les trafiquants d’ivoire engrangent de gros bénéfices. Le drame est qu’à cette allure, des scientifiques prédisent la disparition de l’éléphant d’Afrique de la surface de la Terre dans 15 ans. Par exemple au début du XXème siècle, les éléphants d’Afrique étaient plus de deux millions. Aujourd’hui, leur nombre est estimé à environ 350 000 seulement. Pour lutter contre le fléau, le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) demande la mise en place d’une action urgente. Ainsi, IFAW invite toutes les parties prenantes à la CITES à ne plus soutenir les ventes uniques d’ivoires, le commerce légal de l’ivoire et les propositions de déclassement des populations d’éléphants. Car seule l’interdiction du commerce de l’ivoire de façon totale et permanente, peut empêcher l’extinction de cette espèce dont la reproduction est très lente (les éléphants ont une gestation d’environ 22 mois et ne peuvent avoir qu’un seul petit à la fois).

 

Raphaël KAFANDO



26/06/2012
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