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Le neem, antipaludéen et redoutable insecticide

Présent dans de nombreux pays sub-sahariens, le neem (appellation en mooré) est un arbre aux mille vertus. Si ses feuilles servent pour soigner le paludisme dans la pharmacopée traditionnelle, ses fruits servant à la fabrication de l’huile, sont un parfait insecticide naturel, inoffensif pour l’homme et les animaux. L’arbre possède de précieuses vertus appréciées par de nombreux Africains depuis longtemps. Pendant que le sirop du neem est administré aux enfants pour les traiter du paludisme, l’eau de ses feuilles bouillies soigne les adultes. Ces infusions font ainsi office de nivaquine. Au-delà du bois de Nim (français) et de ses multiples usages, ses feuilles et ses fruits sont de véritables trésors de bienfaits. Les feuilles sont, par exemple, parfois utilisées comme antiseptique. L’usage du neem dans le domaine agricole est d’une efficacité remarquable en qualité d’insecticide. Il est jugé efficace pour lutter contre 100 espèces d’insectes et nématodes (vers). L’huile de neem est un produit naturel dont les extraits ont une action extrêmement toxique et non mutagène sur les insectes, mais reste inoffensive pour les animaux à sang chaud et les hommes. Les substances actives, qui éliminent radicalement les larves de moustiques, se dégradent par ailleurs rapidement sous l’action des rayons du soleil. Utilisée par pulvérisation, l’huile est obtenue à partir du fruit de l’arbre. Le neem commence à produire vers l’âge de 4 ou 5 ans. Il atteint sa pleine maturité vers sa dixième année, âge à partir duquel, il produit en moyenne 30 à 50 kg de fruits par an. Pour ce qui est de la fabrication de l’huile de neem, 30 kg de fruits fournissent 13,60 kg d’amandes, qui pourront fournir 3,75 litres d’huile par un procédé de pressage artisanal. Le neem, malgré ses nombreux vertus et produits dérivés, n’est malheureusement pas exploité sous forme de plantations surveillées. Ce qui permettrait une production plus conséquente. La direction de la recherche forestière préconise des plantations avec des écartements de 10 m sur 10 m pour éviter les effets bordure. Ainsi dans un hectare, on pourrait avoir 100 à 120 arbres qui produiront annuellement au bout de 4 à 5 ans 3 à 4 tonnes de graines. L’utilisation des feuilles, de la poudre des graines ou de l’huile soigne l’homme et protège les céréales et légumineuses en stock ou sur pied contre les insectes nuisibles. La persistance du paludisme en Afrique et les crises acridiennes qui sévissent sur le continent justifient à elles seules que soit développée une exploitation sans retenue du neem, l’arbre universel. Le neem, très présent en Afrique (et également en Inde), prend différents noms en Afrique de l’Ouest dont le neem en mooré.L’arbre appartient à la famille des Méliacées et ne dépasse pas 10 à 12 mètres de haut, mais peut atteindre 25-30 mètres dans son pays d’origine (l’Inde).

 

Antoine AKOANDAMBOU
akoantoine@yahoo.fr

www.afik-nature.com

Source : Sidwaya



26/08/2012
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