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Les pesticides, un danger pour l’environnement et la santé

Un pesticide est un produit chimique destiné originellement à la protection des cultures. Il permet de lutter contre des tiers comme les parasites, mauvaises herbes, insectes et champignons jugés nuisibles. On distingue globalement deux grandes catégories de pesticides.
Il s’agit des produits phytopharmaceutiques destinés à la protection des végétaux. Il en existe trois types : les herbicides, les fongicides et les insecticides et des biocides destinés à la protection des éléments de construction (charpente) ou des animaux domestiques. Malheureusement ces substances sont souvent très nocives non seulement pour l’environnement mais pour la santé humaine et animale.
Au Burkina des études faites dans les régions cotonnières montrent que les eaux, le sol sont souvent contaminés. La pollution de l’environnement provoque une contamination directe des êtres vivants. La pollution du sol se fait pendant la pulvérisation des plantes aux pesticides. Les résidus des produits phytosanitaires peuvent durer sur le sol, pendant plusieurs mois. L’eau de pluie entraîne par ruissellement, les résidus de produits phytosanitaires vers les cours d’eau ou en direction de la nappe phréatique. Les résidus de pesticides contaminent aussi par la suite tout l’écosystème, en particulier le milieu aquatique. On estime que les producteurs maraîchers sont les premières victimes de l’utilisation et la manipulation répétée de ces produits. Ils représentent au moins 70% du taux des utilisateurs des pesticides. La vaporisation des gaz provoque aussi la pollution de l’air. En cas de pluie, les substances de pesticides retombent sur le sol et continuent dans les cours d’eaux. Cette contamination de l’air est dangereuse pour l’eau et par voie de conséquence pour les hommes et les animaux. La pollution de l’air est sans doute une exposition à des maladies par l’inhalation des substances toxiques. Le problème est que les victimes méconnaissent souvent les précautions d’utilisation et réutilisent les contenants. La pulvérisation des plantes exige le port d’une combinaison de protection. Et pourtant les producteurs n’utilisent pas de masque, ni de gants. Les contenants de pesticides sont même utilisés dans le ménage. Autre chose qui préoccupe, c’est l’effet des pesticides sur les animaux. De nombreux animaux s’intoxiquent avec les pesticides : éléphants, insectes (abeilles) dont les populations peuvent chuter de 80% après épandage et dauphins en Europe, grenouilles en Amérique du Nord, goélands, poissons... Les oiseaux sont aussi directement touchés par les pesticides. Rien qu’aux Etats-Unis, 72 millions d’oiseaux meurent chaque année de l’ingestion de pesticides épandus (United States Fish and Wildlife Service, 01/2011). De plus, un nombre inconnu et probablement supérieur d’oiseaux perdent la vie, intoxiqués par les polluants présents dans les poissons qu’ils mangent. Enfin, une grande partie de ces oiseaux morts, laissent des petits qui n’ont aucune chance de survie sans nourriture et protection...Le comble, c’est que des chercheurs estiment que sur les 2,5 millions de tonnes de pesticides répandues chaque année dans le monde, seulement 0,3% atteignent effectivement leur cible. Le reste (99,7%) touche toutes les autres espèces vivantes avec des conséquences multiples : affaiblissement des défenses immunitaires, baisse de la fertilité, modification des comportements, malformations, raréfaction des sources de nourriture souillées, empoisonnement direct.
Aussi, les pesticides sont des polluants organiques persistants qui perdurent dans l’environnement, s’accumulent dans les graisses et sont, d’une manière générale, dangereux pour la santé (cancers, altération du système immunitaire, problèmes de reproduction...). Le drame dans cette histoire est que même les pesticides utilisés dans les pays développés peuvent avoir des conséquences sur la santé de nos populations par le fait que des pays comme le Burkina importent souvent des produits provenant de cultures ayant été en contact avec des pesticides. Pour parer à tout cela, il est peut-être temps que l’agriculture biologique où les résidus de pesticides sont quasi inexistants soit de plus en plus privilégiée. D’autres modes de production comme la Production intégrée, réduisent fortement les quantités de pesticides utilisés sans les bannir totalement. Car l’usage des pesticides paraît incontournable dans une agriculture moderne. Toutefois leur emploi accru et incontrôlé peut entraîner des risques de contamination graves pour le vivant et l’écosystème.

 

Raphaël KAFANDO
rafaelkafando@yahoo.fr



24/05/2012
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