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LETTRE OUVERTE DES ACTEURS DU MONDE RURAL AUX MINISTRES EN CHARGE DU PROGRAMME NATIONAL DU SECTEUR RURAL DU BURKINA FASO

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La Confédération Paysanne du Faso soutenue par les autres membres de la campagne CULTIVONS ont organisé du 18 au 19 Octobre la 3ème édition des Koudou du Faso.
Evénement très utile à la promotion des produits agricoles et agroalimentaires du Burkina, les Koudou du Faso contribuent sans doute à la lutte contre la faim, la malnutrition et la pauvreté en milieu rural. En effet, les Koudou du Faso encouragent à manger local et manger local permet de tirer d’une part la production des exploitations familiales et d’autre part, d’éviter de confier notre ventre à l’extérieur en restant dépendant des importations alimentaires.
A l’occasion de la •3ème édition des Koudou du Faso débutés hier 18 Octobre 2013 et qui se tient à une année où le continent africain célèbre le 10ème anniversaire de la déclaration des chefs d’Etat de Maputo invitant chaque Etat à consacrer 10% de son budget au secteur agricole, nous, acteurs du monde rural du Burkina Faso, faisons le constat que notre pays à certes dépassé les prévisions de Maputo en consacrant 14% de son budget au secteur agricole et rural.
Toutefois, les efforts restent en deçà des attentes du monde rural dans la mesure où le secteur agricole selon le document de Programme national du secteur rural (PNSR), occupe 86% de la population active, contribue à environ 30% à la formation du PIB et fournit près de 45% des revenus aux ménages burkinabè. Nous tenons à rappeler que ces performances sont l’œuvre des exploitations familiales burkinabè.
Malgré cette importance, le constat est amer. Aujourd’hui un burkinabè sur quatre est touché par la faim. C’est pourquoi, nous pouvons donc nous demander où sont passés nos 10%. A l’ensemble des ministres du secteur rural ainsi qu’aux consommateurs, nous adressons un cri de cœur. « Soutenons les exploitations familiales pour un avenir sans faim ! »
Pour y parvenir, nous voudrions adresser à l’endroit des décideurs et donateurs du secteur agricole, une série de demandes à même de booster durablement le secteur agricole et d’atteindre à terme, le droit à l’alimentation au Burkina Faso.
1) Pour atteindre les objectifs de la SCADD et comme le recommande le Conseil Economique et Social, les membres de la campagne CULTIVONS demandent au gouvernement d’affecter effectivement 20% du budget national au secteur agricole d’ici 2015 ;

2) Face à la crise financière internationale qui risque d’entrainer une diminution de l’aide au développement, nous demandons à l’Etat burkinabé d’assurer au moins 50% du budget pour l’agriculture avec des ressources propres en vue de réduire progressivement sa forte dépendance par rapport au financement extérieur.

3) Tirant leçons de la mise en œuvre de Maputo qui s’est plus focalisée sur la quantité des ressources allouées au secteur agricole, pour la décennie prochaine, nous invitons tous les acteurs en premier lieu le gouvernement à s’intéresser à la qualité des dépenses effectuées et à leur impact sur les populations et leur contribution à la réalisation du droit à l’alimentation.

4) Convaincu que soutenues, les exploitations familiales peuvent nourrir le Burkina, nous souhaitons que l’Etat, à travers ses différents programmes de développement soutienne prioritairement les exploitations familiales et les femmes en renforçant leurs capacités d’adaptation aux changements climatiques ;

5) Les membres de la campagne CULTIVONS encouragent le gouvernement et ses partenaires, à orienter le secteur privé à faire des investissements responsables qui ne nuisent pas aux petits producteurs et à leurs communautés.

6) Que le secteur de l’élevage bénéficie d’un investissement à la hauteur de son importance et potentiel de lutte contre la pauvreté.

7) Que le gouvernement accorde plus d’attention aux organisations paysannes, et à la société civile en renforçant leur participation à la définition, à la mise en œuvre et au suivi de ses politiques et programmes.

Ouagadougou le 19 Octobre 2013

Ont signé

Confédération Paysanne du Faso (CPF)
Collège des Femmes de la CPF
Secrétariat Permanent des ONG (SPONG)
Club des Etudiants en Economie Agricole et Environnement (CEAE)
Centre d’Information, de Formation et d’Etudes sur le Budget (CIFOEB)
Oxfam au Burkina Faso
Christian Aid
 



15/11/2013
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