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OGM : la vérité qui dérange

Des tumeurs grosses comme des balles de ping-pong sur des rats nourris avec un maïs OGM du géant américain Monsanto. Une étude alarmante de chercheurs français relance le débat sur les Organismes génétiquement modifiés (OGM). Cette recherche, menée sur des rats de laboratoires, pendant deux ans, montre les conséquences gravissimes sur la santé provoquées par la consommation d’un maïs OGM, le NK 603 de Monsanto, résistant à l’herbicide Round Up. Le professeur de biologie moléculaire, Gilles-Eric Séralini, a mené cette étude dans le plus grand secret. Cela, afin de se procurer les semences OGM nécessaires à ses expérimentations et ensuite, pour éviter que les puissants intérêts des industriels des biotechnologies fassent tout pour atténuer la publication de ces résultats fracassants. Même à faible dose, l’OGM étudié se révèle lourdement toxique et souvent mortel pour des rats. Jusqu’en 2011, les chercheurs ont travaillé dans des conditions de quasi-clandestinité. Ils ont crypté leurs courriels comme au Pentagone, se sont interdit toute discussion téléphonique et ont même lancé une étude leurre, tant ils craignaient un coup de Jarnac des multinationales de la semence. Tous les groupes de rats, qu’ils soient nourris avec le maïs OGM traité ou non au Round Up, l’herbicide de Monsanto, ou encore alimentés avec une eau contenant de faibles doses d’herbicide présent dans les champs OGM, sont frappés par une multitude de pathologies lourdes au 13e mois de l’expérience. Chez les femelles, cela se manifeste par des explosions en chaîne de tumeurs mammaires qui atteignent parfois jusqu’à 25% de leur poids. Chez les mâles, ce sont les organes épurateurs, le foie et les reins, qui sont atteints d’anomalies marquées ou sévères. Avec une fréquence de deux à cinq fois plus importante que pour les rongeurs nourris au maïs sans OGM. Comparaison implacable : les rats nourris au maïs OGM déclenchent donc, de deux à trois fois plus de tumeurs que les rats nourris sans OGM, quel que soit leur sexe. Cette information donne froid au dos. Dans des pays comme le Burkina Faso, les populations ne savent même pas ce que sont ces OGM. De plus, qui sait exactement ce que les supermarchés nous vendent comme produits alimentaires ? Il est temps que l’étiquetage des produits OGM commence à devenir une exigence, afin que les populations connaissent au moins la nature des produits qu’ils consomment. Actuellement, seules quelques dispositions vagues et aléatoires font office de mesures d’étiquetage. Il est clair que les produits génétiquement modifiés et dérivés doivent faire l’objet d’un étiquetage explicite. Ce n’est pas une simple option ou une simple faculté négociable, c’est une obligation. En effet, avant de mener le débat sur la toxicité ou pas des produits OGM, la première condition est de connaître la nature des produits que l’on importe pour la consommation des Burkinabè. Chose qui n’est pas encore effective au « pays des hommes intègres ». En tout les cas, cette découverte montre, une fois de plus, que les pays doivent prudemment aller vers ces nouvelles techniques dont on ne mesure pas toujours, pour l’instant, les effets à long terme.

Raphaël KAFANDO



02/10/2012
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