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Pesticides dans les Etats du CILSS : 78 dossiers, 39 non validés

Le Comité sahélien des pesticides (CSP) a tenu du 04 au 08 juin 2012, sa 30ème session ordinaire à Ouagadougou. Au menu, 78 dossiers examinés par les experts venus de plusieurs pays de la sous-région.

 Pour la 30ème fois et ce, depuis 1994, le Comité sahélien des pesticides s’est réuni du 04 au 08 juin 2012, pour juger de la qualité des pesticides à importer dans les pays du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Cette fois-ci à Ouagadougou, les experts ont examiné 78 dossiers. Au final, 15 nouvelles autorisations de vente, 9 autorisations de vente renouvelées, 7 nouvelles homologations, 8 homologations renouvelées et 39 dossiers maintenus en étude.
Le président du CSP, Adama Toé, a indiqué que l’enjeu, après cette homologation, est d’assurer maintenant le suivi sanitaire et environnemental des pesticides. « En effet, si le CSP autorise des pesticides, il a peu d’informations sur l’impact de ces derniers sur l’environnement sahélien », s’est-il inquiété. Selon lui, les acquis du CSP sont certes importants, mais ils ne doivent pas cacher la faible utilisation des pesticides homologués, particulièrement sur les cultures maraîchères et vivrières. Il a révélé qu’une étude réalisée par la CEDEAO en 2010 sur la qualité des pesticides vendus dans les grands centres commerciaux a mis en exergue la faible utilisation dans l’espace CILSS, des pesticides homologués par le CSP. A cela, il faut ajouter le taux élevé de pesticides contrefaits et périmés. « De nombreux pesticides dangereux continuent d’être abondamment utilisés. Le cas le plus préoccupant demeure l’utilisation de l’endosulfan sur les cultures maraîchères, alors qu’il est actuellement considéré comme un Polluant organique persistant (POP) », a-t-il prévenu. Cette situation est aggravée par la fraude et la contrefaçon des pesticides qui mettent en danger la santé des populations et l’écosystème. Afin de faire face à toutes ces difficultés, M.Toé a fait savoir que les participants ont plaidé pour une étude diligente sur la post-homologation des pesticides des Etats membres du CILSS, la mise en œuvre d’un schéma de passage et de l’autorisation provisoire de vente à l’homologation, à travers l’identification des pesticides concernés. Ils se sont penchés aussi, sur le renforcement des activités du secrétariat permanent et des membres du CSP, afin de faire face aux exigences actuelles de l’homologation. De plus, ils ont souhaité l’élaboration des notes d’interdiction de certains pesticides dans l’espace CILSS, la participation du CSP aux sommets mondiaux et régionaux sur les pesticides et la mise en place d’une campagne de communication pour le changement de comportement.

« Le CSP a atteint une notoriété internationale »

Par ailleurs, le secrétaire permanent du CSP, Dr Amadou Diarra, a profité de l’occasion pour présenter sa structure qui selon lui, est toujours mal connue dans le paysage institutionnel. Il a expliqué que le Comité sahélien des pesticides (CSP) est devenu opérationnel en 1994. Il constitue la cheville ouvrière de la réglementation commune. Il a pour tâches, de prendre des décisions communes à l´ensemble des pays du CILSS en matière de circulation des pesticides et en vue de leur utilisation judicieuse. Plus concrètement, le CSP examine les demandes d´homologation pour suite à donner, tient le registre des homologations et des autorisations, établit une liste des pesticides d´emploi interdit ou sévèrement réglementé dans les pays du CILSS etc. Le CSP est composé d´experts sahéliens spécialistes dans les différentes disciplines de la protection des végétaux, de la toxicologie, de l´écotoxicologie et de la chimie, de représentants des organisations régionales en Afrique (Centre régional AGRHYMET, OCLALAV, CPI/OUA etc.), de représentants des organisations des Nations unies (FAO, OMS).
Le président du CSP, Adama Toé, a affirmé que sa structure a atteint aujourd’hui, une notoriété d’envergure internationale. « Actuellement, des partenaires nous demandent d’examiner des moustiquaires imprégnées de pesticides. Nous avons des demandes d’évaluation des enclos traités avec des insecticides pour améliorer les conditions de vie des populations rurales etc. », s’est-t-il réjoui. Le CSP se réunit normalement, en session ordinaire deux fois par an à l´Institut du Sahel, Bamako/Mali, et en session extraordinaire sur convocation de son président, mais compte tenu de la crise malienne, la rencontre s’est délocalisée cette fois-ci, à Ouagadougou.

Raphaël KAFANDO



11/06/2012
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