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Une étude montre le lien entre le zooplancton et l’équilibre des écosystèmes aquatiques

Dans le milieu aquatique (lacs, barrages, mers, etc.), existe une biodiversité invisible à l’œil nu. Ces micro-organismes sont appelés des phytoplanctons dans le monde végétal et des zooplanctons, lorsqu’il s’agit d’organismes animaux. Adama Ouéda, jeune enseignant- chercheur de l’Unité de formation et de recherche en Sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT) à l’Université de Ouagadougou s’est intéressé dans ses recherches à cette dernière catégorie. Selon le chercheur, les zooplanctons participent de la biodiversité et de l’équilibre des écosystèmes aquatiques et de la santé des hommes qui vivent autour. En effet, les organismes zooplanctons sont de petits êtres vivants qui ne sont visibles qu’au microscope. « Quand vous prenez une calebasse d’eau au marigot, vous avalez en réalité des milliards d’êtres vivants que vous ne voyez pas à l’œil nu », affirme le Dr Ouéda. Le zooplancton d’eau douce est essentiellement constitué de crustacés (copépodes et cladocères) et de rotifères (phylum contenant les plus petits animaux pluricellulaires). En plus de ces groupes, le zooplancton peut renfermer aussi des ostracodes, des protozoaires, des larves et nymphes de chaoboridae, des méduses de cnidaires et des alevins de poisson.
Dans une étude réalisée par Adama Ouéda à Loumbila, la première conclusion est que la diversité des espèces appartenant au zooplancton est assez importante pour un petit milieu comme celui de Loumbila. L’étude du peuplement zooplanctonique met en évidence 39 espèces pour l’ensemble des lacs de barrage de Bagré et de Loumbila (34 à Bagré contre 29 à Loumbila). D’une manière générale, les espèces de grandes tailles sont rencontrées en période humide et celles de petites tailles en période sèche. Le peuplement est plus abondant en saison des pluies. En saison des pluies, les entrées d’eau dans les réservoirs entraînent un enrichissement des milieux par l’apport de nutriments et de matières en suspension. Ces apports sont à l’origine d’un développement du zooplancton, surtout les crustacés. « Ce boom zooplanctonique en saison des pluies constitue un apport nutritionnel très important pour les poissons », précise le Dr Ouéda. En saison sèche, la faible disponibilité des ressources contraint les poissons à adopter des régimes peu diversifiés. Ce qui entraîne d’importants chevauchements alimentaires entre certaines espèces. Cela entraîne des changements dans les régimes et les stratégies alimentaires des espèces de poissons ayant la capacité de consommer cette proie.
Ce genre d’étude permet de mettre en évidence un certain nombre d’éléments tels que les cyclopes qui sont intermédiaires de maladie. Ce type d’étude permet donc de situer les causes d’une maladie et les risques encourus par une population donnée à cause de la présence de certaines espèces de zooplancton. La productivité de certains poissons dépend en partie de leur alimentation en zooplancton, alors que les populations se nourrissent de ces poissons. Donc, il existe un lien entre la consommation du poisson et la présence du zooplancton. Il faut ajouter également le fait que l’on puisse déterminer la qualité des eaux consommées à travers la présence ou non des zooplanctons. De même, les résultats de l’étude démontrent une tendance à l’eutrophisation des lacs c’est-à-dire un enrichissement en sels minéraux des milieux aquatiques entraînant un déséquilibre écologique. Ainsi, un contrôle et une réglementation rigoureuse des activités sur les berges des lacs sont nécessaires dans le but d’assurer une meilleure protection de ces écosystèmes en vue d’une bonne productivité piscicole. Cette étude montre également l’importance du zooplancton dans l’écologie alimentaire des poissons. L’établissement de ce lien entre l’écologie fondamentale (l’étude du zooplancton) et l’écologie appliquée (l’utilisation de ce zooplancton par les poissons) constitue une avancée en matière de recherche. Les résultats soulignent bien les différences de régime et de stratégie entre les espèces de poissons. L’ensemble des résultats acquis au cours de cette étude pourra servir de références pour d’éventuelles actions de bio-manipulation et autres interventions sur les hydro-systèmes visant l’amélioration de leurs productions halieutiques, la conservation de la biodiversité aquatique et la gestion durable des ressources halieutiques.

 

Raphaël KAFANDO



07/05/2013
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