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Vite ! Le transport en commun

C’est connu, la circulation dans les grandes villes du Burkina comme Ouagadougou, devient de plus en plus un calvaire. Difficile de se frayer un chemin surtout aux heures de montée (7h du matin et 15h du soir) et de descente (12h30 et 17h30). Des bouchons partout, des klaxons à vous faire exploser la tête, des accidents à tout bout de chemin et la liste est longue. A cette situation préoccupante des transports, s’ajoute le fait que les usagers de la route ne respectent pas les règles de la circulation. Telles sont les conséquences immédiates des voies congestionnées de Ouagadougou. A long terme, le coût environnemental et sanitaire de cette situation sera plus lourd à payer. Une étude de la qualité de l’air à Ouagadougou, réalisée en 2007, par la Banque mondiale, a quantifié les émissions de dioxyde de soufre (SO2), d’oxyde d’azote (NOx) et de particules fines en suspension. Les émissions annuelles de dioxyde de soufre provenant des voitures à Ouagadougou sont estimées à 794 tonnes/an, alors que celles de particules émanant des véhicules, notamment des deux roues, sont estimées à 639 tonnes/an. Le trafic des véhicules à Ouagadougou est responsable de près de 2420 tonnes d’oxyde d’azote par an. L’étude a montré que le risque sanitaire chronique lié à l’inhalation des polluants atmosphériques peut être jugé significatif à Ouagadougou, avec un pourcentage des admissions à l’hôpital atteignant 17,65%. Le risque collectif lié au cancer et dû au benzène qui était de 172 en 2005, est amené à croître jusqu’à 355 cancers par an en 2017, si rien n’est fait. Et cette situation risque de s’aggraver, car le Burkina Faso s’urbanise très rapidement et on assiste à un accroissement des centres urbains de plus de 10.000 habitants. Les deux grandes villes, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso sont les points de concentration de la population urbaine. D’après les données disponibles, l’agglomération de Ouagadougou qui comptait 600.000 habitants en 1985, abrite près de 2 millions en 2012. Si on inclut la banlieue proche dans un rayon d’une trentaine de kilomètres, la superficie globale du Grand Ouagadougou serait de l’ordre de 3000 km2. Ouagadougou s’étale de manière extensive en surface, avec une très forte prédominance des habitations à un seul niveau se limitant au rez-de-chaussée et le développement continuel des habitats spontanés.

Le transport en commun n’occupe que 6% des déplacements

Le constat est donc clair, il faut au plus vite penser à un système de transport pour des villes comme Ouagadougou, pour ne pas se retrouver dans une situation d’impasse dans les cinq, dix, vingt ans à venir. Le système du transport actuel de la ville de Ouagadougou peine à satisfaire la demande de déplacement, en termes de couverture spatiale de qualité et de sûreté de desserte. L’actuel réseau des transports publics constitué de 11 lignes ne dessert pas toutes les parties de la ville. En effet, les études montrent que ce type de transport occupe moins de 6% à Ouagadougou. Il faut donc que l’Etat, plus que jamais, trouve les moyens de développer le transport en commun. Toutefois, il faut également que la mentalité des Burkinabè évolue, en intégrant de plus en plus dans leur vie quotidienne, le transport en commun. Pourquoi ne pas développer par exemple, le covoiturage dans les familles, les services etc. Cela est d’autant plus important que le lien entre la mobilité et le développement n’est plus à démontrer.

 

Raphaël KAFANDO
rafaelkafando@yahoo.fr



12/06/2012
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