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Recherche au Burkina : Le nom du Pr Philippe Sankara attribué comme nom scientifique à un champignon

Les chercheurs, les étudiants et les élèves du monde entier prononceront désormais le nom scientifique « Russula sankarae » lorsqu’il s’agira d’étudier ce champignon macroscopique que l’on trouve souvent dans certains milieux au Burkina et d’ailleurs.
En effet le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris a voulu honorer le Pr Philippe Sankara pour sa ténacité, son engagement et sa persévérance qui a permis de découvrir dans les forêts de Dindéresso et de Dan à l’Ouest du Burkina 22 espèces de champignons du genre Russula parmi lesquelles on dénombre quatre nouvelles espèces à savoir Russula fissurata, Russula oculata, Russula sankarae et Russula turpis.

Ce champignon du genre russula a é nommé Russula sankarae en homage au Pr Philippe Sankara (2).JPG

 

Le travail a fait l’objet de la thèse de doctorat unique de l’Université de Ouagadougou de Madame SANON Elise, thèse soutenue le 7 mars 2015 avec brio, sanctionnée par la mention « Très honorable avec les félicitations du jury ». La Russule : Russula sankarae a été publiée dans la revue : Cryptogamie, mycologie 53(4) :377-397.
« L’étude est très originale du fait que c’est la première fois que des études scientifiques ont été faites sur la diversité des russules du Burkina Faso. Ces 22 espèces ont fait l’objet d’études moléculaire et microscopique au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris en France et à l’Institut du Jardin Botanique de Munich en Allemagne. C’est ainsi qu’on a pu leur donner des identités », a affirmé le Pr Philippe SANKARA.

Selon le Pr Philippe SANKARA, c’est également la première fois que des séquences d’ADN de certaines russules du Burkina sont déposées dans « GenBank ». En effet, Genbank est une banque de séquences d’ADN, comprenant toutes les séquences de nucléotides publiquement disponibles. Cette base de données américaine « Nucleotide », en libre accès, a été créée au Centre National pour l’Information Biotechnologique (NCBI) dans le cadre de la collaboration internationale sur le séquençage des nucléotides. GenBank et ses collaborateurs reçoivent des séquences d’ADN produites dans des laboratoires du monde entier à partir de milliers organismes différents.

À la réception du dépôt d’une nouvelle séquence d’ADN, l’équipe de GenBank attribue un numéro d’ordre à la nouvelle séquence et réalise des contrôles d’assurance qualité. Les dépôts sont ensuite inscrits dans la base de données publique. « C’est une prouesse pour nous qui avons eu la reconnaissance de cette structure grâce à la collaboration des mycologues du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris et ceux du Jardin Botanique de Munich (Allemagne) », ajoute-t-il.

Il affirme qu’en dédiant son nom à l’une des quatre nouvelles espèces de russules « Russula sankarae », il s’agit d’un grand honneur, parce qu’on vient par cet acte hautement scientifique d’immortaliser son nom à jamais dans la communauté scientifique. « Et même si je disparaissais un jour, ce nom restera à jamais gravé dans les livres scientifiques au même titre que des noms scientifiques tels que « Combretum micranthum » ou « Parkia biglobosa » que nos enfants apprennent dans les lycées », se réjouit le Pr Philippe SANKARA.

Son souci actuel est de faire connaître maintenant l’importance alimentaire des espèces de russules comestibles au peuple burkinabé de même que d’autres champignons macroscopiques comestibles dans la perspective de l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Pour lui, Russula sankarae est consommable. Il compte donc poursuivre le travail pour déterminer la qualité nutritionnelle de cette russule par des analyses chimiques et voir comment on peut la mettre en culture afin de la rendre plus disponible à la population. « Cette technique de culture de champignons est possible parce que nous avons eu des expériences là-dessus en France avec la culture du champignon de couche de Paris qui est vendu dans nos supers marchés et qui est très apprécié.

Cela veut dire que si nous arrivons aussi à faire pousser cette russule dans nos jardins et autres, à la récolter, nettoyer et emballer correctement, elle peut être vendue et utilisée comme complément nutritionnel car des études ont déjà montré que les champignons macroscopiques comestibles renfermeraient des protéines, des glucides, des lipides, cinq types de vitamines (A, B, C, D, K) et une valeur énergétique », révèle-t-il. Par ailleurs, il est convaincu qu’une bonne exploitation des champignons peut procurer des revenus économiques importants à la population burkinabé.

Intérêts des champignons dans la nature

Le Pr Philippe SANKARA explique que les champignons sont des êtres vivants, hétérotrophes, très hétérogènes et appartiennent au règne des Fungi. On les estime de nos jours entre 1,5- 5,1 millions. On les classe en deux grands groupes.

Primo, les champignons microscopiques qui causent souvent de nombreux dégâts sur les hommes, les animaux et les cultures. Par exemple au niveau de l’arachide, on a la rouille causée par Puccinia arachidis, les cercosporioses causées par Cercospora arachidicola et Phaeoisariopsis personata. Ces champignons microscopiques sont responsables de la baisse de la production arachidière allant de 70% à 100% en cas de fortes attaques.

Secundo, les champignons supérieurs ou macroscopiques qui se subdivisent en trois catégories suivant le mode de nutrition : champignons saprotrophes qui vivent sur de la substance morte : les détritus, la litière, etc., les champignons parasites qui provoquent le dépérissement des arbres et même leur mort et les champignons symbiotiques ou mycorhiziens qui vivent en symbiose avec certains arbres et les aident à puiser l’eau et à fixer les substances minérales.

Le marché mondial des champignons macroscopiques comestibles fait un chiffre d’affaire de plus de 2 milliards de dollars US par an.

Le Pr Philippe SANKARA rappelle que dans le monde, le chiffre d’affaire que les pays développés font de l’exploitation des champignons macroscopiques comestibles est de plus de 2 milliards de dollars US. « En France, j’ai dénombré dans un supermarché 65 espèces de champignons macroscopiques qui s’achètent comme des petits pains. Par exemple, un kilo de truffe (champignon macroscopique) coûte 2000 euros. C’est vraiment de la nourriture de luxe en France et le marché est bien organisé dans ce pays », indique-t-il. Son ambition est qu’un jour au Burkina on puisse faire la cueillette des champignons comme celle des légumes : qu’on pourra nettoyer, découper, sécher et vendre sur le marché comme le gombo séché. lire la suite sur terre-info.com



08/04/2015
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