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Réfugiés climatiques, une réalité

Le réchauffement climatique va augmenter l’intensité des conflits et des catastrophes naturelles actuels, mais également en créer d’autres, et occasionner de gigantesques flux migratoires. D’ici à 2050, au moins un milliard de personnes vont migrer de par le monde, en conséquence notamment du réchauffement climatique, prévient l’organisation humanitaire britannique Christian Aid, dans un rapport publié, sous le titre "Marée humaine : la véritable crise migratoire". Il y aurait actuellement 163 millions de personnes à avoir quitté leur foyer à cause des conflits, des catastrophes naturelles et des grands projets de développement, tels que les mines, barrages. D’ici à 2050, ces migrants pourraient être 645 millions, en raison du changement de la donne énergétique.

 

Ils seraient 50 millions à migrer à cause de conflits et atteintes aux droits de l’Homme, et 250 millions de personnes à cause de phénomènes liés directement aux changements climatiques (inondations, sécheresses, pénuries alimentaires ou restrictions dans l’accès à l’eau). Un grand nombre de ces réfugiés climatiques franchiront des frontières ; ce qui ne fera qu’accroître les tensions internationales, envenimant certains conflits ou en créant de nouveaux dans les pays en développement.

Mais beaucoup d’autres seront déplacés à l’intérieur d’Etats, ce qui les privera des droits que confère internationalement, le statut de réfugié. D’autant plus qu’à ce jour, il n’existe pas dans le droit international, de statut juridique propre à ces réfugiés. En effet, le terme "réfugiés climatiques" est apparu pour la première fois, dans un rapport de 1985 du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Il désigne les personnes condamnées à quitter leur pays d’origine, suite à des catastrophes naturelles liées au dérèglement climatique (sécheresses, inondations, cyclones…). En tous les cas, les réfugiés climatiques sont une réalité dans le monde actuel.

Au Burkina par exemple, un grand nombre de personnes se sont déplacées, du fait des inondations, de la sécheresse, de la dégradation des forêts etc. vers des pays côtiers ou entre régions du pays. Par ailleurs, le pays reçoit également des populations de pays voisins à la recherche de pâturages pour leurs animaux. Cette situation provoque souvent, des tensions entre allogènes et autochtones. Preuve qu’il faut que les Etats se penchent davantage sur la question de ce type de réfugiés. A travers le monde, plus de 25 millions d’individus ont déjà fui des catastrophes naturelles pour se réfugier d’autres pays. Ils viennent surtout d’Asie du Sud (Bangladesh, Sri-Lanka, Inde…), d’Afrique ou des îles Pacifique, des régions du monde particulièrement affectées par le réchauffement climatique. Pour limiter le nombre des réfugiés climatiques, l’urgence est de réduire par les pays industrialisés, les émissions de gaz à effet de serre.

Dans un rapport publié en décembre 2008, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a également proposé la création d’un fonds d’indemnisation des réfugiés climatiques, en application du principe "pollueur-payeur". En attendant, chaque Etat doit davantage intégrer cette notion de « réfugié climatique » dans les politiques qu’il mène pour mieux prendre en compte cette nouvelle donne qui risque d’avoir des conséquences sur la stabilité de certains pays, dans les années à venir.

 

Raphaël KAFANDO




21/08/2012
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