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La dégradation des sols au Burkina inquiète

Lors des états généraux de l’environnement, tenues les 3 et 4 novembre 2011 à Ouagadougou, une communication sur l’état de l’environnement au Burkina de Louis Blanc Traoré indique que la déforestation causait environ 105 000 ha de régression du couvert végétal par an et que le besoin de charbon a augmenté de 28,55% entre 2006 et 2010.
Ces chiffres, il faut l’avouer, donnent froid au dos quand on connaît la relation qui lie la terre à l’homme partout ailleurs et surtout, dans nos contrées. En effet, la terre a toujours été la source nourricière de toute civilisation, cela est d’autant plus vrai que de nos jours, les problèmes de terre se posent de plus en plus dans certaines régions du Burkina. La vérité est que le Burkina a déjà pratiquement consommé près de la moitié de ses terres agricoles, et si rien n’est fait, pour assurer la gestion durable des terres, les conflits et l’insécurité alimentaire risquent de se développer davantage au sujet de ce bien qui attire tant de convoitise. Cela exige, en effet, que le Burkina révolutionne, par exemple, son agriculture en adoptant des pratiques culturales moderne et qui protège l’environnement. Car l’agriculture extensive, telle que pratiquée actuellement, a entraîné un défrichement important du couvert végétal de l’ordre de 185 300 ha par an pour la période 1992 – 2002, sans compter le nombre de feux de brousse par an qui continuent d’avoisiner en moyenne 20 700. Il y a aussi que le bois de chauffe continue d’être la seule source d’énergie pour la cuisine et le chauffage en milieu rural, alors que l’abattage des arbres conduit à une érosion cumulative des bonnes terres de culture et finalement, à la désertification.
Cette situation pourrait également accélérer les causes naturelles de la dégradation des terres, telles que la baisse de la pluviométrie avec le glissement des isohyètes vers le Sud et les vents qui peuvent mettre en mouvement jusqu’à 10,8 tonnes par hectare de surface de captation par jour (constat fait à la station de recherches environnementales de Kantchari ).
Un autre aspect du problème est que dans un pays comme le Burkina, le constat est que la plupart des causes anthropiques de la dégradation des terres est liée à la situation de pauvreté et d’analphabétisme des populations. Ce qui signifie que la réduction de la pauvreté, accompagné d’une alphabétisation accrue surtout en milieu rural pourraient contribuer à atténuer un tant soit peu, toutes ces pratiques qui tuent à petit feu nos terres agricoles. La situation est sûrement déjà grave, mais il est encore temps de réagir pour éviter le pire.

 

Raphaël KAFANDO



25/05/2012
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