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Rio+20: des désaccords ralentissent la rédaction du document final

Les négociateurs du Sommet sur le développement durable Rio+20 essayaient jeudi de faire avancer le projet de document final qui, sous le beau titre "L'avenir que nous voulons", reste plein de trous et de parenthèses, soulignant les nombreux désaccords entre les pays.

"Des progrès ont été faits" et l'état d'esprit des négociateurs est "extrêmement positif", affirmait jeudi Nikhil Seth, directeur de la division du développement durable à l'ONU, au cours du point de presse quotidien sur l'avancée des négociations.

Il relevait cependant que le secrétaire général de la conférence Sha Zukang avait demandé aux délégués d'"accélérer" la cadence, et de "dépasser les intérêts étroits et à court terme".

Le dernier cycle des négociations préliminaires, entamé mercredi à Rio, devrait s'achever vendredi. On envisageait cependant, dans les couloirs de la conférence, qu'elles se prolongent jusqu'au sommet proprement dit de la centaine de chefs d'Etat ou de gouvernement du 20 au 22 juin.

"Nous travaillons avec l'hypothèse selon laquelle les négociations s'achèveront vendredi, mais si ce n'est pas le cas, le Brésil, qui préside la conférence, assumera la coordination de la suite des négociations", a indiqué à la presse Luiz Alberto Figueiredo, le chef de la délégation brésilienne.

Apres discussions

Pressé de questions, M. Seth a admis que, si les délégués étaient d'accord sur 21% du texte la semaine dernière avant d'arriver à Rio, on en était seulement aujourd'hui à "25 à 26%". Mais dans une négociation, les positions sont toujours "extrêmes", et "on va trouver au bout du compte une voie médiane", a-t-il affirmé.

Le texte ne couvre pas moins de 81 pages, avec 97 articles sur les principaux sujets définis par les Nations unies : la gouvernance qui manque d'autonomie et d'autorité, le projet d'"économie verte" et la fixation d'objectifs du développement durable, "le joyau de la couronne du document", a dit M. Seth.

Selon M. Figueiredo, de "gros progrès" ont été faits depuis mercredi sur les objectifs de développement durable et sur la gouvernance mondiale.

Une cinquantaine de pages sont aussi consacrées à des pistes d'action sur des angles thématiques : éradication de la pauvreté, eau, énergie, réchauffement climatique, santé, océans, etc.

Plusieurs sujets sont âprement discutés, perpétuant la traditionnelle opposition entre pays du nord et du sud. Ainsi, le groupe des pays en développement et de la Chine (77+Chine) insiste sur l'idée d'une "responsabilité collective et différenciée" et sur le transfert de technologies, que les Etats-Unis n'acceptent que "volontaire", au nom des droits de propriété intellectuelle. La création d'un fonds du développement durable demandée par les 77+Chine suscite aussi de profonds désaccords.

Dans les couloirs, certains délégués plaisantaient à mi-voix, genre "l'avenir que nous voulons risque de se faire attendre". D'ores et déjà, nombre d'ONG s'attendaient à ce qu'on ne parvienne à Rio à aucun accord contraignant, mais seulement à des déclarations de principe. "Nous voulons un document final fort et ambitieux", a insisté cependant M. Figueiredo.

A 40 kilomètres de là, la société civile mettait la touche finale à l'organisation du Sommet des peuples, qui ouvre ses portes vendredi, et auquel participera le chef indien brésilien Raoni, qui combat la construction de l'énorme barrage de Belo Monte, en Amazonie.

"Je vais demander qu'on nous respecte, nous les indigènes, qu'on respecte nos droits", a déclaré à l'AFP le chef Raoni, qui est âgé de 82 ans. "Je vais demander qu'on ne fasse pas ce barrage pour que l'eau puisse continuer de couler normalement et que les poissons puissent vivre dans les rivières, pour que nous et nos enfants et petits-enfants puissions manger", a-t-il ajouté.

© 2012 AFP



15/06/2012
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